vendredi 11 novembre 2016

MUSICIENNES



Il y a tout intérêt à rester sobre face aux mains…
Nos chers poètes ont tant écrit sur elles que ma gêne est immense à vous avouer à quel point, elles m’émeuvent.
J’ai toujours trouvé de la sensualité dans les mains. Qu’elles soient graciles ou plus rustres, fines ou potelées, adroites ou plus incertaines, jeunes ou plus âgées, elles révèlent tant de chose sur la vie – sur votre vie, tant de rêves, tant d’espoir, tant d’envie… 
Elles sont notre miroir, elles racontent notre histoire.


Voyez les mains d’Elsa, voyez comme Louis Aragon en rêve, comme il en parle :
«…Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots
… »
Voyez  aussi les « chères mains » de Paul Verlaine, les siennes, toutes petites, toutes belles…

Ou celles dont parle Arthur Rimbaud, celles de Jeanne-Marie, des mains fortes,
« …Des mains de ployeuses d’échines,
Des mains qui ne font jamais mal,
Plus fatales que des machines,
Plus fortes que tout un cheval !... »

Ils sont légions à les évoquer, poètes, peintres, sculpteurs ou chanteurs (de Félix Mayol à Gilbert Bécaud, de Charles Trenet à Jean Jacques Goldman).
Inutile d’en rajouter.



des mains baguées


des mains qui étreignent


des mains qui font le grand écart

des mains qui pianotent


N’est ce pas avec les mains qu’on donne et qu’on reçoit ?

Dans une journée, elles ont mille occupations.
Elles sont expertes et professionnelles, passionnées, agitées et précises, comme celles que propose ici Jacques. 
Celles-ci justement sont des mains qui donnent du plaisir, un sourire, une émotion. Mais en amont, elles ont dû s'entraîner d'arrache-pied, s'éreinter, apprendre et reprendre, bref elles ont travaillé dur, parfois même à s'en épuiser. Mais quelle belle récompense, les voilà VIRTUOSES aujourd'hui.
 
des mains qui patientent


des mains qui s'ébouriffent



des mains friponnes




des mains gantées

des mains précises


des mains qui pistonnent


Alors,  ces mains musicales, mélodieuses, musiciennes, les voici  en toute simplicité, tout juste habillées de noir et de blanc.
C'est MAGIQUE, n'est-ce-pas ! Ce sont là des mains comme nous rêvons d’en avoir.


J’aime aussi les mains de nos aïeux, veinées, noueuses parfois, juste jointes et posées sur les genoux, presque immobiles… ces mains là, Jacques me l’a promis, ce sera pour une autre fois.

des mains croisées





des mains qui s'élèvent

mercredi 9 novembre 2016

LE POINT DE VUE DES FILLES

C’est la saison des châtaignes ici, la belle saison des ocres et des mordorés, des derniers rayons de soleil et des bogues qui vous piquent les doigts.
Permettez que je m’adresse à celles et ceux qui font la cuisine car vous le savez mieux que quiconque,  avant d’apprécier une bonne soupe fumante et revigorante ou un bon dessert, il y aura un peu de travail.
Je ne parle pas du ramassage, c’est la partie de plaisir, à condition de penser à prendre des gants, car les châtaignes savent se défendre…
Nous autres, les filles, nous y pensions, tandis que certains dégainaient les appareils photos avec des objectifs parfois plus longs que… enfin énormes.
Trois derrière et deux devant (c’est presque une chanson de Brassens, ça), le carrosse se dirige à vive allure vers Cabrespine en Montagne Noire. Dois-je encore préciser que les minettes sont à l'arrière ?
Si le soleil nous accompagne, les châtaignes – elles - se font plus rares.
Mais comme nos deux photographes (deux J sur 3) sont incorrigibles, ils n’hésitent pas à proposer de poursuivre cette petite balade jusqu’au Pic de Nore, histoire de voir si la brume et le soleil mêlés ne justifieraient pas quelques clichés intéressants…

Que dire ? Nous sommes prises en otage…
Bon, à peine 20 kms à parcourir… Ça tournicote, ça monte… de 7 degrés, nous passons rapidement à Zéro.
Alors même que nous frissonnons sur nos sièges à l’arrière dans la chaleur du véhicule, à la seule vue du thermomètre qui descend rapidement à moins 2 – devant c’est L'EXCLAMATION !






Le gel a posé son empreinte, sur une partie de la végétation, le décor est presque insensé de beauté. Le Pic de Nore est tout proche, mais il faut sortir pour apprécier ce cadeau de la nature… pas trop longtemps tout de même, ça picote.
Là, je parle des filles. Car Jacques et Jean Michel – eux, - appareils et objectifs en mains, sont tellement subjugués par le spectacle, qu’ils mettront plus de vingt minutes à revenir, frigorifiés mais heureux, un brin d’herbe brodé de trois centimètres de givre à la main.







Reste à accomplir les quelques cent derniers mètres qui nous séparent du Pic de Nore, presque au pas… STOP !
Mais qui y a-t-il encore d’exceptionnel ? L’œil du photographe est aguerri à toutes les situations, cet œil là est perçant, il ne regarde pas, il voit, il sait. Le nôtre ne fait que parcourir l’horizon, il peut trouver l’ensemble admirable ou funeste tout au plus. Celui du photographe capte le détail, fait la mise au point, trouve ce qu’il doit trouver.
Là, à quelques mètres à peine, des oiseaux en bordure de route - des Niverolles – qui semblent se régaler d’herbes fraiches et de graines. Ne plus bouger, se taire, à peine le droit de respirer au risque de les voir s’envoler. Et puis plus loin, une autre espèce, en nombre cette fois, à terre également qui profite du silence et de la quiétude du moment.





Qu’ont-ils pensé de nous qui venions troubler leur tranquillité ? Nous ne l’avons pas su, ils nous ont dédaignés pour l’autre côté du versant.

Il faisait nuit lorsque nous sommes rentrés avec nos quelques châtaignes, mais vous savez quoi ?
Le soir même, les 3 J s'étaient mis d’accord pour y retourner dès le lendemain…


Ce sera sans les filles même si, il faut l’avouer, c’était une bien belle après-midi avec de bien belles surprises, n'est ce pas ?

Cet article fait écho à celui d'un certain Jean-Michel, rédacteur en chef du blog "émotions numériques". 
Nous - les épouses, les mamans, étions LÀ 
















dimanche 6 novembre 2016

ANONYMES

Le carnaval permet tout dans l’anonymat le plus complet. Derrière masques et costumes, on oublie les préjugés. C’est juste de la joie et de la bonne humeur, loin du quotidien.

Qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, c’est un temps délicieusement tourné vers le... Mensonge.
Ah, non c’est un peut court jeune fille !!!
Vous oubliez tout le temps passé à réfléchir à cette sympathique mystification justement…
Quel costume ? Homme, femme ? Quel masque ? Quels détails, quelles broderies… et puis tout le temps à le concevoir ce costume, à le réaliser. Car le carnaval, c’est avant tout un état d’esprit et les préparatifs font partie du processus de la fête. Le stress, le bon stress vous anime à mesure que les déambulations approchent. Ha ! Le carnaval, c’est trop génial !

En Lorraine (c’est chez moi ! cocorico), c’est l’inspiration Venise qui règne sur les remparts Vauban depuis quelques années.
Vous nous accompagnez ? Où ? Mais à Longwy. J’ai une grande sœur trop gentille là-bas qui nous dorlote toujours.

Alors, garçon ou fille ?

jolis yeux

En mars, on sent l’esprit du carnaval sourdre de partout, à Venise, à Rio, à Limoux, à Nice, comme à Lille et ailleurs.
Mais dans la cité longovicienne, la féérie vénitienne s'impose comme une évidence : le décor vous y invite naturellement, la ville    et ses remparts fortifiés, la place Darche, la Porte de France.
Il n’y a peut être plus de sidérurgie mais l’endroit est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Waouh ! ça en impose.
On plonge dans le XVIIIe siècle, c’est la Commedia de l’Arte, Goldoni et tous les autres. Tout y est « Bauta », masques d’Arlequin, « Moretta », longues robes  brodées, ornées de bijoux, multicolores, plumes et perles, éventails, capes, petits paniers dans lesquels on aperçoit parfois même… des chatons.
Ça déambule, ça pose, c’est silencieux, ça rit, ça sourit et ça ricane sous cape parfois, mais sans méchanceté, juste pour parfaire cette ambiance surannée, toute singulière, toute magique, parfaite pour quelques beaux clichés.

de la créativité nait la singularité



magie du costume, magie du masque, tout est permis

finesse du détail

Ne pensez pas qu’ils s’agissent d’amateurs, non, non ! Ces carnavaleux là, longoviciens d’origine, ont les plus grandes qualifications, des références absolues, des distinctions obtenues lors de différents festivals en Vénétie. 






D’ailleurs ils sont invités régulièrement dans la Cité des Doges. Ils proposent des costumes à chaque fois renouvelés. Que voulez-vous, c'est leur passion, comme Jacques est dévoré par la photo.
Eux, c’est la beauté d’un moment, de quelques jours de rêve destinés aussi à valider tout le travail accompli en amont.
Lui, c’est justement la beauté de ce moment qu’il veut saisir pour transcrire toute cette émotion, toute cette joie qui émane d’une fête qui signe (en principe) l’arrivée du printemps.
Savez-vous que la fête à peine terminée, ces artistes de l’aiguille, de la broderie, du siècle des lumières pensent déjà à leurs prochains costumes.
Tout sera mis en œuvre pour imaginer et créer des personnages encore plus énigmatiques, plus magiques,  plus éblouissants pour le plus grand plaisir des lorrains, de mon photographe de mari, et de bien d’autres…

On prend date pour le prochain ?







Crédit photos : Jacques Montereau