samedi 15 juillet 2017

ET QUE ÇA SAUTE !

LA VALEUR N'ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNÉES
Pour la dernière soirée du Festival de Gaujac, le corps était mis en valeur dans un vocabulaire on ne peut plus acrobatique. 
Les images chorégraphiques (voilà bien un lapsus révélateur… je voulais évoquer le reportage photographique) en disent long sur la valeur des artistes : d'abord une déferlante de jeunes artistes, issus de l’École de Gymnastique de Béziers, suivie d'une troupe baignant depuis toujours dans la grande tradition du cirque.
Certains êtres prennent de la hauteur comme d’autres prennent des coups de vieux… avec les jeunes gymnastes de Béziers tout est dit, ça s’enchaine avec précision : Les élans dynamiques succèdent aux figures inattendues avec une ampleur du mouvement incroyable. C’est certain, il y a eu du travail. Une jolie démonstration de leur compétence. L’utilisation de l’espace est exemplaire et les torsions du corps, les sauts ramassés, les rebonds, les chutes en arrière expriment clairement leur volonté de capter l’attention. Il en fallait des compétences pour fixer l’attention d’un parterre de gens qui dînent… Pourtant ils ont été nombreux à frémir pour eux, à les admirer, les applaudir, à transpirer même bien plus qu’eux à l’idée qu’ils puissent se faire du mal... Mais rien de cela ne s’est passé : ils sont physiquement et mentalement surdoués. On les aurait crus parfois en apesanteur que c’en était stupéfiant ! Peur, eux ? jamais.

Puis d’autres sont venus… 

F. ZAVATTA
Frank Zavatta, fils du grand Achille, jongleur émérite et acrobate sur rouleaux (les gens du "milieu" disent du rola-rola) bien connu dans le monde du cirque qui force le respect par sa dextérité et sa présence sur scène. Rien qu’à l’évocation du nom, Jacques oscillait entre impatience et émotion de rencontrer le fils de… Car oui, il a bien connu le père. C’est même a son contact qu’il attrapait le fameux virus du cirque. Un virus dont on ne se remet pas vraiment ! Heureusement, la contamination ne s’est faite que par le côté « voyeur-passeur d’émotion ». Ce fils – Frank – n’a pas démérité. Il réussit à donner une actualité étonnante à son jeu de jonglage et créer une véritable esthétique autour de ses acrobaties, de par l’aisance avec laquelle elles sont exécutées.

Il n'en faudrait guère plus pour que mon photographe rechute... Si le virus reprend vigueur, il va écumer toute l'Occitanie, en quête des plus beaux chapiteaux.
Tous les numéros qui se succèdent maintenant ont ce dénominateur commun… Pourtant à Gaujac, la thématique retenue était bien « soirée cabaret ». On nous aurait menti ! 
À peine, puisque c'est une soirée de gala et que chaque numéro a son identité, sa raison d'être afin de créer le Spectacle. Ça ressemble à une belle composition florale, mais quelque chose de complètement  inattendu :
Voici la belle acrobate qui tournoie sur son cerceau, tout de blanc vêtue et pointes de pieds tendues. Voulez-vous des chiens coquins mais malins, voulez-vous des équilibristes, et pourquoi pas une chanteuse aux cheveux rouges ou peut-être un joli feu d'artifice ? 

Choisissez et composez, mais surtout appréciez les gestes et les postures saisis au centième de seconde, presque à la volée pour créer ce bel album photos signé Jacques Montereau.

SOUCOUPE VOLANTE OU OVNI ?

L'ÉCOLE DE GYMNASTIQUE DE BÉZIERS... Ne changez rien























NOUS DÉCROCHE T'ELLE LA LUNE ?























Il va nous falloir attendre un an avant le prochain rendez-vous de Gaujac.

mercredi 5 juillet 2017

UNE BELLE DAME BRUNE

Je vais vous raconter l’histoire d’un photographe tombé en amour devant une belle Arlésienne.
Jamais, il ne l’avait vue, mais dès les premières notes en répétition, il savait qu’il était pris, surpris, épris. Une voix chaude, du cristal, un tempérament, un charisme, une présence sur scène, un contact simple et direct  … enfin quelque chose d’inexplicable qui vous enflamme et qui vous ensorcèle.
- «  C’était le concert à ne pas rater ! », ce sont les mots exacts qu’il me disait en arrivant, tout feu, tout flamme.
La belle brune de ses pensées n’est autre qu’Anne Marie David. Vous savez l’Eurovision… Mais si allons, elle défendait les couleurs du Luxembourg avec « tu te reconnaitras » et elle a  gagné. C’était il y a longtemps, en 1973, elle avait à peine 21 ans.
Et si sur le moment j’ai souri devant tant d'euphorie et tant d'enthousiasme, je me suis - moi aussi - laissée séduire par son timbre de voix chaud et profond et par sa simplicité. Pas de doute possible, on est loin de la cacophonie de gémissements dont on nous rebat les oreilles sur certaines ondes. C’est une grande et belle voix, comparable à celle de Frida Boccara[1].
Et puis, Anne Marie David n’a pas sa langue dans sa poche. Dans le cas présent, c’est une belle qualité. Et puis, elle vient à vous sans artifice, déconcertante de spontanéité et de bienveillance.
C’est tellement attentionné, tellement touchant… Tenez un exemple, en fin de concert, elle a tenu à saluer et à remercier toute l’équipe technique en les nommant un par un et en allant chercher leur responsable afin que le public applaudisse leur travail. Tellement rare...  une singularité pareille se doit d’être soulignée !
Distinguée, c’est le mot qui lui va le mieux. Oui, elle est distinguée en toute circonstance, qu’elle réponde aux questions sous le cèdre, lorsqu’elle répète ou même avec un verre de vin à la main.
Le vin justement qu’elle préfère rouge est avant tout un plaisir qu’elle sait apprécier. Elle explique aussi que les vapeurs des tanins réchauffent ses cordes vocales et lui permettent de chanter mieux.



Anne Marie David est une super active, elle sillonne l’Europe, le monde, chante dans huit langues sans prompteur, adore la scène, aurait aimé faire une carrière au théâtre. Elle a reçu tous les honneurs, toutes les distinctions, toutes les récompenses. C’est LA DAVID. Elle n’hésite pas à prendre tous les risques, chante à capella, improvise des duos.

Bref, je comprends pourquoi Jacques est encore sous le charme de cette grande interprète, on le serait à moins. Ses yeux immenses, si expressifs et si pleins de douceur ajoutent encore à cette beauté du cœur et de l’âme, à cette voix incroyable, à cette simplicité de l’être et du paraitre. « Il faut paraître ce que l’on est » comme le dit le poète Mocharrafoddin Saadi. C’est exactement cela, Anne Marie David ne triche pas lorsqu’elle arrive sur scène auréolée de cette gloire insoupçonnée. Elle a chanté devant les 50 personnes présentes avec la même conviction que si elle avait chanté devant ces salles pleines à craquer de Turquie, d’Israël ou d’Allemagne... devant son public celui qui a su reconnaître son immense talent.
Pas de demi-mesure non plus pour son pianiste. Comme elle, il est habité par la musique et il a le sens du respect du public qui fait dire qu’une telle sagesse, dans le monde du showbiz aujourd’hui, est précieuse.
En somme, tout le monde a succombé au charme de ce duo, y compris ce coquin de vent venu les saluer et exprimer sa gratitude ébouriffante.








Quant au photographe, énamouré qu'il était, son regard s'est surpris à mêler les ombres à la lumière, le noir au blanc et à donner cet effet "bougé" sur le piano. Il a su traduire toute son émotion et son respect d'une façon très poétique, si j'osais... je dirais "spectaculaire". C’est un joli travail, plein de douceur, de chaleur, avec des flous voulus, assumés qu'il nous offre aujourd'hui, mais qu'il lui dédiait à elle… On reconnait son style bien sûr dans le choix des détails, dans les jeux des lumières, mais sur cette série là, on sent véritablement qu’il y a une autre intention comme le message d'une grande affection. Il était presque amoureux, un amour platonique, mais un amour quand même.

Comment lutter contre un tel amour, surtout quand on est blonde ! 















[1] J’adorais l’entendre chanter « un jour, un enfant»

lundi 3 juillet 2017

ON L'APPELLE MICHÈLE

Elle était posée sur mon bureau, juste à côté du Mac… Curieuse, comme je le suis, je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un œil.
Bien mal m’en a pris, la clef USB contenait quelques-uns des clichés pris durant la journée du 1er juillet au Festival de Gaujac... Michèle TORR.

J’étais censée ne rien écrire mais cette fois encore, le photographe disposait d’arguments solides.
Vous ne trouvez pas qu’il pousse le bouchon un peu loin !
Cette clef ne s’est pas trouvée là par hasard… Il a un bureau, j’ai le mien… Vous ne trouvez pas cela bizarre ?

Je reconnais qu’elles sont belles ces photos…
À qui cette clef était-elle destinée ? Faut-il vraiment que je cherche une réponse à cette question ? Faut-il que j’appelle Jacques pour le rassurer ? Peut-être, la cherche-t-il ?
Arrêtons toutes nos spéculations. Voyons, il l’a tout simplement posée sans se rendre compte de ce qu’il faisait, trop occupé à penser au prochain concert. Il est comme cela dans le quotidien, il se distrait de l’idée d’après… et plante le verre sur la cheminée, le pot de yaourt sur la machine à laver et je ne vous parle pas de ses chaussettes. Elles n’arrivent jamais jusqu’au bac à linge.
C’est d’un comique tout de même de mêler des chaussettes à une clef USB et à une chanteuse. Le début d'une intrigue policière peut être... Il faut y réfléchir !

N’empêche, elles sont belles ces photos…
Vous voulez voir ? Ce serait plus simple. Les images parlent d’elles mêmes et puis je n'avais pas prévu d'écrire.


Vous êtes prêts, musique !





















Il y en a quelques-unes sous le cèdre et en séance de dédicace.