dimanche 2 juillet 2017

UNE JOURNÉE D'EXCEPTION

Solange
La veille, dès sept heures du matin, dans la cuisine, les légumes et les plats se sont croisés. Les premiers, lavés, épluchés, hachés, découpés et accommodés ont garni généreusement les seconds pour ensuite disparaître une nuit entière dans le réfrigérateur.
Demain est un grand jour, nous avons rendez-vous pour un pique-nique géant à Ferrière Poussarou chez Solange et Tonou. Quelle belle idée que cette auberge espagnole… la surprise du déjeuner ajoute au plaisir de découvrir le cabanon, un lieu qui pouvait s’avérer plutôt frais au vu de la chaleur persistante de ces derniers jours.
-       « C’est paisible, ombragé et la vue est jolie », selon les dires de ses propriétaires.
Il fait chaud ce samedi… à peine le temps de s’étirer et de rêvasser au lit. Il est déjà 9 heures lorsque nous chargeons la voiture. Ne pas oublier l’eau et les glacières…
Et une première étape qui s’inscrit sur notre parcours : Lamalou les Bains.
J’imagine déjà votre imagination acérée partir sur des chemins plein de fraicheur, mais STOP. Il s’agit juste de prendre au passage notre JC (Non, pas celui-là, voyons).
Notre ami Jean-Claude - Scientifique de haut niveau, spécialiste de la prise de vue de la goutte qui choit - est en cours… de reconstruction. Attention ! à vous Mesdames et Messieurs les photographes, ce repos forcé lui laisse du temps pour peaufiner quelques uns de ses futurs projets. Il va y avoir du très lourd… Il saura d’ailleurs nous le prouver plus tard dans la journée, juste armé d'un simple Iphone.
Je taquine mais il le sait c’est de la bienveillance mêlée à beaucoup de respect… on l’aime bien notre Jean-Claude.
Une heure plus tard, c’est un trio qui nous accueille à Ferrière-Poussarou. Est-ce la marque de leur responsabilité d’hôtes pour assurer le succès de cette journée ? Ce serait bien inutile, tout le monde se connaît et s’apprécie. Les embrassades sont sincères et déjà les plaisanteries et les confidences sont omniprésentes. La journée sera assurément réussie avec cette vingtaine de copains.
C’est vraiment magnifique ici ! Et comme tout ce qui est beau, c’est porteur de réconfort… certains (es) en ont bien besoin.
Voilà Maryse et Arnaud qui se joignent à nous : ce sont les voisins, mais nous en reparlerons…





À la bonne vôtre, les garçons (Jean-Pierre et Tonou)
Tandis que Luc installe le plat à paella…pour la cuisson des moules (faut ce qu’il faut !), l’heure de l’apéritif a sonné sous les parasols. Ça papote, ça papote.
Tiens, un petit discours… ce Gérard, il nous trouve toujours le bon prétexte.


De G à D : Solange, Françoise, Jean-Pierre et Chantal

Le repas est délicieux, concocté et partagé par tous dans la bonne humeur. C’est bien agréable, ça rit, ça interpelle et tout à coup « un air de vieille romance ». C’est Maryse qui s’est mise à l’accordéon. Tiens, tiens, une artiste ! Ici ou là un pas de danse, et ça tourne, ça valse et ça fredonne presque timidement face à ce beau talent. Dois-je ajouter que nombre d’appareils photos se sont invités au bal ? C’est que le sujet était bien trop stimulant, avec ces généreux rayons de soleil qui scintillent sur l’instrument, les doigts de la musicienne se posant délicatement sur les claviers et le soufflet qui s’ouvre et se ferme à l’envie et dont la grâce subtile rappelle un peu celle de la brise agitant les pages d’un livre.



Notre belle professionnelle - en concert le lendemain – nous quittera (hélas trop vite) pour travailler. Mais, les contacts se sont échangés pour de futures collaborations. Faire vivre les salles culturelles et communales dans toutes nos petites localités, n’est-ce pas que c'est un joli programme ? C’est certain, il y aura des suites à la rencontre du jour.


Isabelle et Luc ont également amené des petits légumes bio de leur jardin

Il y en a qui se régale

Chagrin d'amour ne dure pas toute la vie....

Le Proprio... tellement sympa

En arrière plan : Maryse et Arnaud et devant Solange et Jean Claude

C'est parti pour une valse entre filles, mais où sont les hommes ?????


Ça m'a l'air bien bon !!!






Tonou, Jacques le Chinois et son épouse...  On ne dirait pas, mais ils sont MDR

Alain et son épouse

La promenade s’impose maintenant (juste après cette fort charmante dédicace à Patrick Topaloff : j’ai bien mangé, j’ai bien bu – refrain repris en chœur par toute la bande).

Oui, je l’admets, nous ne faisons pas toujours dans le bucolique…

Les plus courageux ont déjà déboité leurs appareils, car depuis notre arrivée dans ce paradis, la nature manifeste bruyamment sa présence. Si le chant continu des cigales mêlé à celui des oiseaux est une invite indiscutable, nos pros de la macro en veulent plus encore : Ils iront vers le ruisselet dans le sous-bois, là où se trouvent les libellules et les diptères… Ils iront dans le champ, dont l’herbe n’a pas été coupée – EXPRÈS – afin que les papillons et les coléoptères s’y sentent comme à la maison. A Ferrières Poussarou, il y a de quoi s’occuper ! C’est bien le plus joli, le plus grand terrain de jeu sur terre pour des photographes. Croyez-vous qu’ils en aient bien profité ? Il serait vain de le dire ! 
Il faut dire que ce pique-nique avait pour prétexte une « sortie photos ».  On avait presque oublié que tout cela s’inscrivait dans un cadre officiel. Il faudra faire un compte-rendu de la réunion ? 
Nous les filles (enfin celles dont la passion ne va pas dans le sens du clic du numérique), nous attendions les photographes à l’ombre des châtaigniers. Jean-Claude encore interdit d’activité – appareil trop lourd pour son épaule – nous accompagnait. Il n’a pas manqué de distribuer quelques conseils à Solange sur les cadrages, la netteté, les ouvertures, le choix des sujets. Une pertinence toujours appréciée de toutes celles et ceux qui s’initient à cet art avec conviction et ténacité et notre hôte est bien de ceux-là. Vous voyez, pour l’essentiel, nous étions parfaitement dans le cadre.
Je laisserai sous silence le nom des quelques « dissipés » qui s’en sont allés à la piscine plutôt que de saisir la nature dans sa plus belle expression. Nous avons les preuves des flagrants délits à joindre au dossier !


Les dossiers...
L’autorisation de sortie de notre convalescent arrive à son terme. Le temps de prendre congé et de regagner Lamalou, il devrait être à l’heure. Allez, courage Jean-Claude encore une petite semaine avant que ne sonne l’heure de la sortie.

Avant de reposer mon stylo, je voudrais saluer un acte héroïque et faire ainsi une dédicace à ZaZa. Elle adore tellement les moules cuisinées par son mari qu’elle était devant le plat de cuisson à saucer avec plaisir. 
Je sais, il n’y a rien de noble à cela, c’est juste un peu de gourmandise !!?!?
Pourtant saviez-vous que sans elle, sa présence d’esprit, son professionnalisme, nous n’aurions jamais pu apprécier les « moules de Luc »… Bien sûr, aujourd’hui ils parlent du frelon asiatique et de ce terrible moment sur le ton badin de l’humour, mais… tout de même, ça force le respect.
Luc et Isabelle forment un couple avec ce côté un peu… lunaire d'un Pierrot avec sa Colombine, mais il y a beaucoup d’humanité chez eux. Elle lui a sauvé la vie et lui sait qu’il allait partir…
Mais la Colombine s’inscrit aussi dans une veine féministe affirmée : Ne la cherchez pas sur l’égalité homme/femme, elle démarre au quart de tour et elle a bien raison. C’est qu’il reste encore bien des batailles à mener sur ce volet là !

Cet article est particulier, à la manière de cette journée exceptionnelle.
Pas de prise de vue de Jacques trop occupé à travailler sur Gaujac. On lui pardonne. Je sais qu'il me livrera son cru de surprises plus tard...
C’est donc quelques photos de la « bande » qui vous sont proposées pour illustrer ces propos. Juste un clin d'oeil en guise de remerciements  – très sincères - à nos hôtes pour une journée hors du temps, sans souci et détendue !
Oui, c’était véritablement une journée d’exception.


Je les aurai un jour... les photos de Ferrière

Bisous Sandy, embrasse bien fort Solange et Tonou pour nous tous

POUR L'AMOUR DES MOTS

Comme toujours les clichés sont aboutis, précis, comment dire… admirables et révélateurs de l’engagement. 
On y découvre un homme dont la silhouette est connue de tous. Il est – il était - homme de télévision et si les uns se rappellent avec émotion de « Bouillon de culture » ou « d'Apostrophe », d’autres pensent plutôt à la Dictée ou au championnat de France d’Orthographe
Saviez-vous qu’il est grand amateur de Beaujolais, ardent défenseur du cépage et qu’une cuvée AOP porte son nom. Il est également Président de l’Académie Goncourt. Les honneurs et les prix témoignent de son talent, de son humanisme. 
Nous sommes en présence de la quintessence de l’homme de lettres, de l’érudit, d’une noble âme. C’est vous dire si l’on se sent un peu intimidé. C’en est troublant, presque déstabilisant…
En regardant ces clichés, on songe au parcours qui a fait de lui, ce grand Monsieur. On songe à ses convictions et à nos petites espérances aussi, comme celle de voir cette belle langue française évoluer certes, mais prospérer avec une certaine grâce en gardant les « petites aspérités » qui font son exception mais qui rebutent parfois.
Bernard Pivot reste serein. Pourtant il le sait, les émissions culturelles comme celles qui animaient, ont disparu du paysage audiovisuel au profit de  "téléréalités"…
Alors à plus de 80 ans, il mène un combat : défendre la langue de Voltaire et il le fait à sa manière. La belle façon que voilà, c’est un régal de l'entendre jouer avec les mots. Ça claque, ça s'entrechoque, ça rime et ça s'anime à souhait et c'est nettement plus drôle qu'à l'école. 
Étonnamment, la fraîcheur du moment s'évanouit et laisse le public sacrément rieur.






Plus tard, quand le plaisir du spectacle se sera un peu estompé, demain peut être, ce public prendra vraiment conscience de la puissance des mots.
Elle est insoupçonnable. Ils sont un certain nombre à l'avoir compris, de Pierre Perret à MC Solaar, Éric Orsenna... vous Monsieur Pivot et tant d'autres... Vous instillez ainsi dans nos méninges de petites pousses toutes prêtes à jaillir au moment opportun. C'est donc en douceur, avec humour ou en chantant que ce combat se mène aussi. Vous avez les moyens de nous la faire aimer cette langue. Vous avez les moyens de nous guider pour mieux l'apprivoiser. C'est ludique, c'est malin, c'est bienveillant et tellement rassurant.













Comment ne pas vous aimer Monsieur PIVOT, comment ne pas aimer ce visage qui exprime la ferveur de l’engagement, votre gestuelle, vos intonations, la rythmique du phrasé, le bon mot, la pirouette. Et vous êtes là, en toute simplicité.
Tout cela on le retrouve dans ces clichés pris avec respect, avec émotion, avec art. Même la brise ébouriffant vos beaux cheveux blancs - là - à la nuit tombante, sous ce ciel bleu foncé tourmenté par les nuages, ne pouvait vous distraire. Vous étiez en mission, conquérant triomphal, le doigt levé, vous preniez possession de ce petit territoire... Une implication sans faille au service de la littérature, du mot, de l'orthographe.
Ne lâchez rien, avec vous on oublie plus facilement nos petits traumatismes liés à la dictée du lundi matin....
Ne lâchez rien, le système scolaire a besoin de chacun d’entre vous. Toutes les méthodes sont acceptées dès lors qu’un mot est appris, compris, transmis.

Ne lâchez rien, nos enfants sont concernés. Et si le sourire, le rire accompagnent vos propos, c’est presque partie gagnée.





samedi 1 juillet 2017

DIDIER

De son bureau, il appelle : 
- « Viens voir…» !
Pas une injonction, plutôt une invite comme il sait si bien le faire pour défendre sa cause.
Déjà la veille au soir, au retour du concert, il avait dit, avec une espèce d’ardeur dans les yeux : « Je me suis régalé en prenant ses photos, c’était amical et détendu du début à la fin ».
Clairement, il cherchait déjà à me convaincre… Sauf que l’Artiste, auteur, compositeur et interprète, est tellement connu, qu’il est bien inutile d'en dire un mot de plus. Il a sa page officielle sur le Web, un blog et surtout une discographie à faire damner tous les crooners du bassin méditerranéen et de partout ailleurs !
Bref, Didier Barbelivien n’a vraiment pas besoin que nous en rajoutions.  
Moi, j’attendais plutôt les photos de Ferrière Poussarou, et de cette journée d’exception, entre amis…

Mais là, nous sommes au Festival de Gaujac à Lézignan.
- « Viens voir… ». seconde invite plus insistante.
J’y vais… Et je découvre, en me penchant par-dessus son épaule, une photo É P O U S T O U F L A N T E - c'est bien une remarque à la Roberto Begnini, ça - de Didier Barbelivien.

Il faut bien l’avouer, il a de la prestance le Monsieur avec son regard qui explore un imaginaire uniquement connu de lui, le visage baigné d'une aura argentée et cette lumière bleutée qui vient s’éteindre sur le pupitre posé juste là, comme pour souligner la justesse du moment… c’est toute l’émotion d’une interprétation qui transparait ici. On est saisi par la dévotion portée par l'interprète à son art. Magie de la photo, miracle de l'instant ! 
Pourtant il n’y a là aucune intervention divine. Je connais trop bien le photographe. Il est fin observateur et sa sensibilité va toujours dénicher le détail, l’instant qui va le faire vibrer, lui et lui seul, promesse d’un cliché réussi.
De toute évidence, il n’a besoin de rien de plus pour gagner ma collaboration. Ce seul « indicateur » suffit à m’en convaincre.
J’en conviens la photo de spectacle ouvre des horizons bien plus vastes et plus libres qu’un cliché de paysage. Attention, ceci n’ôte en rien la part de complexité qui existe dans quelque prise de vue que ce soit. Celles-ci doivent répondre à des règles précises à ne transgresser que si elles sont comprises et assimilées… J’ai entendu cela mille fois de la part de ces artistes du boitier numérique qui gravitent autour de nous.
Si en spectacle, on ne prend pas la pose et c’est pléonasme de le dire, puisqu’il est question ici de spectacle vivant, il y a l'instant superbe où tout se campe subtilement pour satisfaire ces voyeurs de l'impossible. Entre attitude et lumière, obscurité et scénographie, chorégraphie et technique voire même aléas climatiques, le champ des possibles est alors immense. Il ne faudra pas faillir car la possibilité de refaire son cliché sera on ne peut plus réduite.

Revenons à notre sujet car nous y sommes sous le beau cèdre centenaire de Gaujac et avec Monsieur Didier Barbelivien tout sourire, naturel, accessible, se pliant volontiers au jeu des questions/réponses. Voilà les Elus, les Organisateurs du Festival. Voilà surtout le public, qui s’est déplacé malgré le temps incertain, alternant depuis deux jours soleil et averses. Voilà la grande scène face au château et les techniciens qui s’y affairent pour ce talent connu, reconnu et estimé du monde du spectacle, aimé de son public qui n’hésite pas à reprendre avec lui l’essentiel de son répertoire.













Oui, le voilà le spectacle vivant, celui qui nous sort du quotidien et de nos maisons, celui qui nous émeut, nous transporte, celui qu’on attend avec impatience parce qu’il a fait l’objet de réflexions approfondies et au final d’un choix, celui qui va nous rendre heureux, voilà le Chanteur…


Il est temps pour moi de vous laisser savourer ces instants dépourvus de toute tension, n’est ce pas que tout paraît facile pour l’artiste et ses musiciens ? N’est ce pas que le photographe semble avoir réellement pris du plaisir ? Rien sur ces clichés ne laisse apparaître la moindre confusion, la moindre hésitation… Alors laissez-moi vous chuchoter ceci :
- « c’est tout de même beaucoup de talent... ». 






Ce soir là, la magie a opéré et le puzzle s'est impeccablement organisé... chacun avait ici le sens du SPECTACLE.